
Une fois que l’on comprend les étapes de la construction de patrimoine et le principe des intérêts composés, la réaction naturelle est pour tous la même : aller chercher le meilleur rendement possible.
Et c’est compréhensible. J’ai fait la même erreur.
J’ai passé des heures à comparer des piliers 3a, sélectionner les « meilleures » actions ou les meilleurs ETF, construire un portefeuille d’actifs le plus équilibré… J’ai trouvé ça passionnant et même fun. Mais lorsqu’on débute, ce n’est pas là que l’impact est le plus fort.
Le piège du rendement précoce
Très tôt dans le parcours, beaucoup tombent dans le même piège :
- obsession du rendement annuel
- comparaisons permanentes
- peur de passer à côté d’une opportunité – le fameux FOMO…
On cherche à gagner 1 % de plus ici, 0,5 % de mieux là.
Pourtant au début, 1 % de rendement supplémentaire ne compense pas une faible capacité d’épargne.
Chercher l’optimisation trop tôt entraîne du stress, des hésitations et des décisions inutiles. Tant que les bases ne sont pas solides, le rendement reste secondaire.
Ne vous méprenez pas : les 0,5 % gagnés ici ou là sont importants. Mais plus tard.
La vraie question à se poser
Ce n’est pas où investir ?
Mais plutôt : où utiliser son temps et son énergie ?
La réponse dépend de l’étape à laquelle vous vous trouvez dans votre parcours financier.
En effet, pour les personnes proche de la retraite, le type d’investissement et la compréhension des risques sont critiques. Une erreur financière a 50 ans a un impact bien plus important que lorsqu’on est jeune.
Mais pour la majorité des personnes qui liront ce blog — notamment dans la vingtaine ou la trentaine — l’effort à faire est sur l’épargne, c’est-à-dire la différence entre revenus et dépenses. Parce qu’avec un capital encore modeste, même un bon rendement a un impact limité.
Il est bien sûr important de commencer à investir, notamment pour se familiariser avec les marchés actions et découvrir sa propre tolérance au risque. Mais au départ, l’essentiel de la progression vient de l’épargne.
Une fois celle-ci maîtrisée, le rendement devient un amplificateur.
Où concentrer ses efforts ?
Plutôt que de chercher le produit financier l’investissement parfait, il est souvent plus efficace de travailler sur l’optimisation de ses dépenses et l’augmentation de ses revenus.
Ceci étant, augmenter ses revenus est souvent plus motivant — et plus durable — que réduire des dépenses qui apportent de la joie.
Par exemple, les plus jeunes devraient prioritairement :
- se concentrer sur leur carrière
- développer de nouvelles compétences
- utiliser leur temps libre avec cet objectif en tête
Et pour tout le monde, il faudrait évidemment éliminier ses dettes, consommer de manière consciente et limiter les dépenses inutiles. Mais on y reviendra.
En bref, en début de son parcours :
taux d’épargne > rendement
régularité > timing
simplicité > sophistication
Quand le rendement devient vraiment important
Avec le temps, le capital investi augmente et les rendements prennent naturellement plus de poids.
Un seuil clé est atteint lorsque les revenus issus des investissements dépassent le montant épargné chaque année.
En comparant par exemple :
6’000 CHF d’épargne par an (500 CHF/mois),
20’000 CHF investis à 5 %, soit 1’000 CHF de rendement annuel.
Dans cet exemple, l’épargne reste largement plus importante que le rendement.
En résumé
Dans les premières années, l’objectif n’est pas d’être brillant, mais d’être constant.
L’épargne fait la différence dès le départ, mais le rendement viendra avec le temps.
La prochaine étape logique consiste donc à mesurer concrètement son épargne. C’est ce que nous verrons dans l’article suivant.
