
On parle beaucoup d’épargne, d’investissement, de rendement… mais on parle rarement de la question la plus importante : pourquoi ?
Pourquoi épargner ?
Pourquoi investir ?
Pourtant l’argent n’est pas une fin en soi.
J’ai mis du temps à comprendre que ce n’est qu’un outil – au service de nos valeurs et de nos objectifs. Il permet de vivre selon ses propres priorités, de développer des passions et de construire la vie que l’on souhaite.
Sans but, on travaille en mode automatique pour gagner plus d’argent… puis on le dépense sans réelle intention.
Mais avant toute chose, encore faut-il savoir ce que l’on veut réellement.
Pourquoi définir ses objectifs personnels ?
Des objectifs personnels et donc financiers permettent de :
- Concentrer ses efforts
- Augmenter son épargne
- Réduire ses dettes
- Rendre les projets atteignables
- Donner du sens aux décisions quotidiennes
Il est intéressant de se demander ce qui compte vraiment pour soi.
Qu’est-ce qui nous motive profondément, au-delà des attentes sociales et des injonctions extérieures ?
C’est un exercice qui demande de prendre son temps et d’être au calme.
Et si vous êtes en couple, je pense qu’il est aussi fondamental d’en discuter : les objectifs des deux ne sont pas toujours alignés sans un échange ouvert.
Quelques questions que l’on peut se poser :
Où est-ce que je me vois dans 5 ans ? 10 ans ?
Comment est ce que je souhaite vivre les 5 années précédant ma retraite ?
Que penserait l’enfant de 10 ans que j’étais s’il me voyait aujourd’hui ?
Et c’est souvent là que l’on réalise quelque chose d’important.
Pour la grande majorité des gens, les réponses ne tourneront jamais autour d’un montant précis sur un compte en banque.
À la place, les objectifs personnels concernent plutôt :
- la gestion du temps – cette ressource si finie…
- les relations sociales
- le développement personnel
- la santé
Ces dimensions rejoignent d’ailleurs les catégories du modèle PERMA-V développé par Martin Seligman, pour ceux qui souhaitent approfondir.
Comment définir son « Pourquoi » ?
Certains suggèrent l’approche suivante :
1 – Ecrire une première liste d’objectifs (3 à 5), sans aide extérieure
2 – Essayer de doubler cette liste pour élargir le champ de réflexion
3 – Classer ces objectifs par grandes catégories
4 – Consulter en dernier une liste prédéfinie d’objectifs pour enrichir sa réflexion (voir les ressources en fin d’article)
L’enjeu est d’ouvrir une conversation sincère avec soi-même — et éventuellement avec son conjoint.
Toujours dans le but de dépasser les objectifs formulés spontanément et d’identifier ceux qui reflètent véritablement ses propres valeurs.
Par exemple, quelqu’un pourrait dire : « Je souhaite prendre ma retraite. » mais en réfléchissant, cela peut devenir : « Je veux passer plus de temps avec mes enfants » ou « Je veux être libre de mon emploi du temps ».
Pour ceux qui ont du mal à identifier leurs priorités, voici quelques exemples d’objectifs fréquemment cités (repliés ici afin de ne pas orienter la réflexion initiale)
- Être financièrement indépendant — le travail devient optionnel (FIRE)
- Se sentir en sécurité financièrement aujourd’hui/à la retraite
- Partir en voyage
- Financer des loisirs personnels ou des expériences en famille
- Être propriétaire de son logement
- Maintenir une bonne santé physique (sommeil, alimentation, exercice)
- Renforcer et entretenir des relations proches
- Reprendre les études, une formation
- …
Les objectifs sont variés mais traduisent presque toujours des aspirations liées à la liberté, à la sécurité, aux relations ou à l’accomplissement.
De la vision aux objectifs financiers
Une fois les deux ou trois priorités identifiées, il devient possible de définir les objectifs financiers associés.
La première étape consiste à analyser sa situation actuelle. Idéalement, budget, épargne et patrimoine sont déjà cohérents avec ces ambitions. Mais pour la majorité des gens, un écart apparaît entre ce que l’on souhaite et ce que l’on met réellement en place.
Cet écart constitue un point de départ pour comprendre ses habitudes de dépenses et d’épargne, puis pour ajuster progressivement ses choix.
C’est en partie le rôle du budget inversé : placer ses objectifs en haut (priorité d’épargne), puis adapter le reste en conséquence.
Le choix des investissements intervient ensuite, non pour définir la direction, mais pour soutenir quotidiennement la vision long terme.
Il est également utile de distinguer objectif court, moyen et long terme car le risque acceptable et donc les actifs d’investissement pour y parvenir ne seront pas les mêmes.
Les objectifs évoluent dans le temps
Les objectifs – et les stratégies qui les accompagnent – évoluent naturellement au fil de la vie.
Un jeune couple peut souhaiter épargner pour un apport immobilier, puis plus tard investir pour s’assurer une retraite confortable et finalement pour transmettre un patrimoine.
Dans mon cas, j’avais épargné pour constituer un apport qui nous a permis d’acheter un appartement avec mon conjoint. Une fois cette étape franchie, une forme de vide est apparue : il n’y avait plus vraiment de “Pourquoi” derrière l’épargne.
En prenant le temps de réfléchir, j’ai redéfini deux nouveaux objectifs : une épargne accélérée pour une retraite anticipée (à plus de 15 ans) et un voyage de six mois (à horizon deux ans).
Ce travail a permis de réaligner l’usage de l’argent avec ce que je souhaitais réellement vivre, avant de construire à deux une vision partagée.
Il a fallu réinterroger le sens donné à l’argent.
Les priorités changent mais la logique reste la même : aligner son argent avec ce qui compte réellement.
Dans tous les cas, connaître son “Pourquoi” — qu’il s’agisse d’un objectif immédiat ou d’un rêve à 20 ans — est essentiel pour développer des habitudes financières durables.
Cela permet de rester constant et d’éviter les décisions impulsives dictées par les émotions, comme la peur ou l’avidité.
La réussite financière ne repose pas sur le placement parfait. Elle se construit davantage sur la régularité, la cohérence et surtout la lucidité.
Lorsque le “Pourquoi” est clair, l’épargne devient naturelle, l’investissement s’inscrit dans une stratégie et les décisions émotionnelles perdent progressivement de leur influence.
Ressources conseillées pour aller plus loin (en anglais) :
Morningstar : « Mining for Goals : How behavioral nudges can help investors discover more-meaningful goals«
PWL capital : Goals Survey Summary
